
LA MERVEILLE DES MERVEILLES - ECOUTEZ CE DISQUE DE TOUTE URGENCE POUR LE CONCERTO EMPEREUR ,C EST LE CHOC DES TITANS BEETHOVEN -FISCHER- FURTWÄNGLER !MON DIEU QUE L ON AURAIT AIMÉ ÊTRE PRESENT À LONDRES CE MOIS DE FEVRIER 1951........
Un Empereur qui mériterait bien dix couronnes - Furtwängler et Fischer sont de la même trempe : anti-techniciens, romantiques absolus, des créateurs au sens démiurgique du terme.On écoute leur Empereur comme si l on ouvrait l Iliade ou l Odyssée : les actes héroïques nous parlent avec le recul de la légende, le contexte nous en échappe , mais demeurent la grandeur du projet, et cette ambition épique propre à édifier les siècles.Dans cette interprétation, cette communion devrait-on dire, aucune phrase qui soit calculée : le discours ne s impose jamais dans la facilité -les deux artistes sont toujours au-dessus, au-delà de ce qu on attend, mais ils s avèrent pourtant toujours convaincants.Car avec eux, c est la vision qui commande la forme, et tant pis si les doigts dérapent ou si le Philarmonia semble parfois dérouté par cette ascèse qu on lui demande : sur la tête de tels Empereurs, l on érigerait bien dix couronnes...Ecoutez cet adagio où le son semble devenir une manifestation de la pensée : porté par une seule idée jusqu à l hypnose, bandé comme l arc d Ulysse, puis se détend lentement pour amener avec fluidité la cadence qui lance le Rondo.Au jeu carré et martial que l on entend souvent avec d autres, tout n est ici que courbes et sinuosité. Plus guère de matière, d angles, mais une lave en fusion.En complément de programme, Fischer face à lui-même, toujours dans Beethoven.Emergeant d accords noircis, fuligineux, cette Pathétique toute de mélancolie semblera bien schubertienne. Quelle douceur dans le cantabile de l adagio : un moment de pure magie.Loin de tout éclat, les feux de l Appassionata paraîtront éteints, la phrase comme engourdie par le gel d un voyage d hiver. L inspiration y trouve la forme par accidents, entendus comme aléatoires et topographiques.Mais quelle simplicité, quelle émotion sincère ! Que l on aime ces pianistes qui nous révèlent un Beethoven accablé et faillible, désespérant de n être qu humain !
Excellente interprétation! - C est peut-être l une des meilleures interprétations (pour pas dire la meilleure) qui existent du 5ème piano concerto. Furtwangler et Fischer font un grand pair (je recommende aussi le 2nd concerto de Brahms également disponible en EMI Référence). La qualité de transfer de ce cd est vraiment bien. Il y a deux sonates de plus (contrairement à l édition de 1987 où il n y en qu une avec le concerto). Très bonne musique.
Monumental! - Sans aucun doute le meilleur enregistrement qui ait été fait du cinquième concerto pour piano de Beethoven. Fischer et Furtwängler se complètent admirablement pour nous donner un Empereur comme on en avait jamais entendu, puissant et dramatique. Le complément est à la hauteur de ce qui précède: Edwin Fischer est un des plus grands interprètes de Beethoven au piano dont les enregistrements, peu réédités, sont des perles. N hésitez pas: une page de l histoire de l interprétation à ce prix!